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Diverchim

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Jean-Louis Brayer, PDG de Diverchim


Jean-Louis Brayer, le PDG de Diverchim (http://www.diverchim.com/) a suivi un cursus un peu atypique, commençant par un BTS puis les classes préparatoires pour sortir major de sa promotion à l’ENSCP. Une thèse sur la synthèse totale d’iridoïdes au CNRS à Gif lui donne la chance de côtoyer Sir Derek Barton et Pierre Potier.
Il entre ensuite dans l’industrie, aux laboratoires Roussel, l’un des fleurons de la recherche en synthèse organique à l’époque. Il va y diriger pendant trois ans, de 1984 à 1987 le laboratoire mixte CNRS-Roussel. Il prend ensuite la direction de la recherche sur les fongicides puis des insecticides non-SNC.
En 1997, il prend la direction de la chimie médicinale chez Glaxo Wellcome aux Ulis qu’il quittera quelques mois plus tard avec l’idée de créer une entreprise en chimie combinatoire.

Q : comment est né Diverchim ?
Diverchim est né en Janvier 2000 avec au départ 5 personnes. J’ai été beaucoup aidé par l’université de Compiègne (UTC) qui à l’époque m’a confié un poste de professeur à mi-temps. De plus, sa société de capital risque a investi dès le départ dans DIVERCHIM (les autres actionnaires étaient des membres de ma famille, des amis et un « business angel »).
Benoit Folléas, l’actuel directeur de la chimie faisait partie de l’équipe fondatrice. Ingénieur de l’ENSCP, il a fait sa thèse chez Jean-François Normand, puis un stage postdoctoral à l’Impérial College chez Tony Barrett. Benoit est aujourd’hui le n°2 de DIVERCHIM dont il est l’un des actionnaires historique.

Q : comment définiriez-vous l’activité de DIVERCHIM ?
DIVERCHIM est principalement une société de « fee for service », en synthèse organique à façon. Depuis plusieurs années, nous développons une recherche propre pour assurer un avenir à plus long terme. Avec une progression de 17 à 20% par an, notre chiffre d’affaire a atteint 3 millions d’Euros en 2008. La crise ne nous a pas épargné, avec un point d’inflexion de la croissance en juin juillet 2008, et un quasi arrêt au cours du dernier semestre 2008.

Q : Quels sont vos effectifs actuels ?
DIVERCHIM compte actuellement 42 personnes dont 28 sont directement impliquées dans des activités de «medchem ». Les autres sont des chimistes de procédés ainsi que des analystes. Il y a enfin 6 personnes en « back office ».
Nous recrutons essentiellement des techniciens (bac +2 ou 3) et des chefs de projet (bac +8). Typiquement, un chef de projet encadre 3 à 4 techniciens. En termes d’expérience professionnelle, je n’exige pas obligatoirement un stage post doctoral, je préfère souvent que ce stage soit effectué au sein de notre entreprise. Nous pouvons ainsi mieux évaluer le potentiel des candidats et les former aux méthodes internes de gestion de projet comme de gestion du personnel.
J’attache par contre une grande importance aux qualités humaines, qui ne s’enseignent pas, mais qui à mes yeux sont plus importantes que les seules qualités scientifiques.

Equipe_Diverchim.jpg
L’équipe DIVERCHIM au grand complet

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Une vue des laboratoires à Montataire


Q : Collaborez-vous avec des sociétés Pharmaceutiques ?
Oui, bien qu’il soit parfois plus facile de discuter avec des Biotechs. En fait il y a une situation ambiguë avec certaines pharmas : elles veulent qu’on soit des partenaires, qu’on ne fasse pas le même métier qu’elles, mais elles aimeraient bien aussi qu’on fasse tout. Elles aiment avoir la sensation de « one-stop-shopping », c’est à dire avoir quelqu’un chez qui elles vont pouvoir faire la chimie, la préclinique, la pharmacocinétique…, sans pour autant que vous ne deveniez un concurrent.

Q : comment voyez-vous l’évolution à moyen terme de DIVERCHIM ?
En termes de croissance je pense que notre secteur va connaitre au moins deux années de stagnation qui vont se caractériser par la disparition des plus fragiles, mais ensuite, il y aura des opportunités de croissance qu’il faudra savoir saisir. « Quand ca va redémarrer, ça risque de redémarrer très fort ». A cette occasion, j’envisage de faire évoluer DIVERCHIM vers une plateforme plus intégrée, (« one-stop-shopping ») par des acquisitions de sociétés, ou des associations.
En ce qui concerne la recherche interne, j’envisage un domaine très limité, et plutôt dans la démo-cosmétique que dans la pharmacie car les réglementations y sont moins draconiennes et l’expérimentation plus facile. Si l’on considère que le coût du développement d’un produit pharmaceutique est de 800 millions d’euros, et que la recherche n’en consomme que 10 %, cela signifie que l’on a au moins 80 millions d’euros à mettre sur le tapis pour proposer un produit à Pfizer, à Sanofi ou tout autre pharma du top 10, aujourd’hui DIVERCHIM est très loin d’avoir cette capacité.

Q : quelles sont les principales difficultés que vous rencontrez ?
C’est d’obtenir des financements. Les financiers ont frileux devant des modèles qu’ils ne connaissent pas. Il faut réussir à leur faire comprendre qu’il y a des métiers qui se créent, et qu’il peut ne pas exister de société comparable en France car vous êtes les premiers (les seuls exemples se trouvant principalement aux Etats-Unis).

Q : Etes vous d’accord pour dire que « les sociétés innovantes de petite taille impliquées dans la recherche pharmaceutique s’orientent aujourd’hui de préférence vers les petites molécules pour découvrir de nouveaux médicaments » ?
J’ai l’impression que de 1995 à 2005 les biotechs ont beaucoup travaillé sur les produits issus des biotechnologies. Mais devant un retour sur investissement relativement lent, leurs investisseurs les ont poussés à aller chercher des petites molécules pour aller peut-être plus rapidement à un résultat biologique et une valorisation économique. La mise en œuvre n’est-elle pas plus facile ? Avec de petites molécules, on peut faire du screening assez facilement et arriver assez vite à une preuve de concept par rapport au développement d’un anticorps monoclonal par exemple.
En effet, auparavant les sociétés de biotech travaillaient sur des protéines, sur des grosses structures mais quand les investisseurs ont vu que le retour n’était pas celui attendu, ils les ont poussé à aller vers de la chimie médicinale classique. Ils y ont vu un moyen d’exploiter plus rapidement les compétences acquises sur les modèles biologiques.

Q : A défaut de recrutement dans de grands groupes pharmaceutiques, est-il judicieux de postuler dans des biotechs ?
Dans l’esprit des gens, rentrer dans un grand groupe, c’était une carrière assurée. Aujourd’hui j’aurais tendance à penser que cela n’est plus vrai. Une société dans laquelle on commence sa carrière, peut dans les 10 ans disparaitre, fusionner ou être remaniée. « La sécurité de l’emploi » n’existe probablement plus dans l’industrie pharmaceutique et ne devrait plus être un critère de décision. Par contre, il faut prendre conscience qu’on ne demandera pas la même chose dans les deux types de structures. Dans une petite société, il faudra être à la fois manager, scientifique, meneur d’hommes alors que dans un grand groupe, à la limite, on pourra par exemple être essentiellement un scientifique.
Il faut être polyvalent, adaptable…Et imaginatif !

Q : Avez-vous un message à faire passer ?
Aujourd’hui, nous rencontrons une très forte « pression sur les prix » de la part de la concurrence asiatique (chinoise, indienne…) dans le domaine de la chimie à façon pour la Medchem. Dans cette optique, il est très difficile de négocier avec les directions des achats qui ont une vision purement comptable. La relation directe avec les Directions de la Recherche sont plus faciles car elles intègrent parfaitement ces notions de service, d’innovation, de réactivité et de proximité qui font notre force. Il est intéressant de noter que l’on observe depuis quelques mois un retour de certains industriels vers leurs pays d’origine comme cela a été réalisé par Cambridge Major.
Si l’expérience de la création de DIVERCHIM était à refaire, je la referais sans hésiter une seconde. C’est une expérience passionnante, une expérience humaine irremplaçable. Elle m’a permis de rencontrer des personnes fabuleuses qui ont compris les enjeux formidables qui sont en train de se jouer sous nos yeux et qui ont une réelle envie de faire évoluer notre industrie. De plus, il existe une grande réactivité dans les petites sociétés qui n’a rien à voir avec les grandes. Par contre, j’aurais tendance à mettre en garde les personnes qui pensent s’engager dans une telle aventure pour faire de l’argent. L’argent, s’il arrive, c’est bien plus tard mais au départ c’est accepter de renoncer à beaucoup de choses


Date de création : 17/07/2009 @ 08:23
Dernière modification : 20/07/2010 @ 14:10
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